02/04/2018

La politique identitaire des bourgeois

À l’occasion des élections au Grand Conseil genevois, tous les grands partis politiques, de la droite jusque vers le centre gauche, prétendent défendre les bourgeois.
Rappelons deux définitions du mot. Les bourgeois sont maîtres des capitaux productifs, comme l’a souligné Karl Marx. Wikipedia nous rappelle qu’en outre en Suisse le mot ‘bourgeoisie’ désigne le droit de cité ou de citoyenneté. Essentiellement elle va de pair avec le droit de vote.
Une émission d’Histoire vivante de la télévision suisse romande du 5.11.2017 signale qu’au 19e siècle Glaris fut pionnier de la législation pour améliorer les conditions du travail industriel. Or ce canton pratiquait la Landsgemeinde où tous les hommes jouissaient d’une voix, et par conséquent les travailleurs industriels y avaient une voix prépondérante.
Aujourd’hui les partis bourgeois rivalisent de propositions pour restreindre l’accès des travailleuses et des travailleurs à la bourgeoisie politique et donc au droit de vote. Du point de vue de la défense de leurs intérêts de classe ils ont tout compris.

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24/02/2018

Conversons les uns avec les autres, refusons « No Billag »

Pour défendre l’initiative « No Billag » dans La Tribune du 23 février, le dr Romoscanu suppose que la Suisse n’est peuplée que d’individus isolés dont la rationalité ne tient compte que de leurs intérêts propres : nul besoin de converser les uns avec les autres. Il se place ainsi dans le sillage de Mme Thatcher qui prétendait que « la société n’existe pas ».
Or, comme disent les alémaniques, la Suisse est un Willenstaat, un État construit à la force de la volonté de ses citoyens de vivre ensemble. Puisque les alémaniques sont assez nombreux, leurs médias se passeront sans doute sans peine de redevances publiques, mais les médias romands, italophones et autres seront précarisés et marginalisés. Confrontés au choix entre le züritütsch et le français de France, que choisiront les romands ? L’identité nationale s’effilochera, chacun partant de son côté.
Calvin avait une vision autrement plus radicale de la société. « Dieu pourrait donner telle abondance à un chacun, que nul n’aurait affaire du secours de l’autre, mais il veut éprouver la dilection et fraternité que nous avons ensemble, quand nous communiquons ainsi les uns avec les autres… » ; « Dieu ... veut qu’un chacun s’emploie pour ses prochains, que nul ne soit adonné à son particulier, mais que nous servions tous en commun. »

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28/09/2017

Bon appétit !

Personne ne semble contester que 15’000,- ont été dépensés pour des agapes pour le médecin-chef de l’armée et 29 de ses collègues. D’abord sanctionné, le médecin-chef a été réhabilité. Faut-il en conclure que les autorités trouvent légitime ce genre de comportement ?

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12/09/2016

LRens : gare à bien voter, on vous surveillera !

Dans un interview dans la Tribune de Genève du 12 septembre, Guy Parmelin, Conseiller fédéral et chef du département fédéral de la défense, insiste que refuser la nouvelle loi sur le renseignement, c'est se rendre complice d'un futur attentat. Autrement dit, il menace les citoyen-ne-s qui expriment un avis contraire au sien de l'attention particulière de ses services. La Tribune tape sur le clou en mettant en titre de l'article une autre citation, *En cas de dérapage, les autorités agiront très vite."

Qu'un UDC exprime de tels propos n'étonne guère ; la grande déception, c'est que ses collègues du Conseil fédéral qui tiennent la démocratie dans leur cœur plutôt que sur le fronton de leur parti n'aient pas aussitôt clamé leur désaccord.

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27/07/2016

RIE III : ne pas se tromper d'époque

Ueli Maurer a dit "Nous avons sous-estimé la dynamique internationale qui s'est mise en place pour imposer des standards sur le plan mondial" (TdG du 27 juillet). Il se trompe, mais uniquement dans son choix du temps du verbe : il aurait dû dire *Nous persistons à sous-estimer…" au présent.

Dans un article de Domaine Public du 19 juillet (http://www.domainepublic.ch/articles/29655), Lucien Erard explique la directive contre l'évasion fiscale que prépare l'Union européenne dans le sillage de l'OCDE et du G20.L'objectif est d'imposer les bénéfices dans le pays où ils ont été réalisés, et donc d'éviter qu'on les glisse vers des pays à faible imposition. Jusqu'ici, on se retenait d'imposer les revenus déjà imposés dans d'autres pays même si ces derniers ne prélevaient que des peanuts, mais la nouvelle directive prévoit que les pays membres de l'UE prélèvent le solde qui aurait été dû chez eux sur les bénéfices reçus de filiales de pays tiers qui n'y sont que faiblement imposés.

Autrement dit, imposer à de bas tarifs les bénéfices de sociétés transnationales établies en Suisse n'aura plus d'avantage fiscal pour ces entreprises ; le seul résultat sera d'offrir sur un plateau au fisc d'autres États l'impôt que l'on renonce à prélever chez nous. Cet argument devrait suffire à convaincre même la droite à voter NON au RIE III.

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15/06/2016

La fumée appelle les fumistes

D'après la Tribune de ce matin, nos législateurs fédéraux de droite refusent de durcir la loi sur le tabac. Le quotidien cite le vice-président du PLR : "Les gens sont grands et informés des risques. Laissons-les faire ce qu'ils veulent" "Nous sommes contre le principe d'un État qui décide ce qu'on doit faire" rajoute son collègue de parti Joachim Eder. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? 

Pourquoi ces mêmes élus de droite refusent-ils de libéraliser le commerce des stupéfiants ? Qu'ils soient au moins cohérents.

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31/05/2016

Creuser des trous pour quoi faire ?

Selon la Tribune d'hier, l'ouverture demain du nouveau tunnel ferroviaire de base du Gothard rend superflus les deux tubes de l'ancien. Et pourtant l'on s'acharne à dépenser une fortune pour creuser encore un nouveau trou. Pourquoi ne pas tout simplement faire passer les autos en surnombre par ces tubes existants désormais disponibles ? Si on chargeait les  autos sur des trains, les coûts d'adaptation du tunnel seraient minimes et les bénéfices seraient autant écologiques qu'économiques.

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28/02/2016

Rixe au Café du Commerce

Bagarre entre intérêts sectaires sous le regard impuissant mais désapprobateur de l'économie de marché.

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29/01/2016

Le Champ du Château à Bellevue : un rêve !

Georges Bouvier, ancien maire de Bellevue, a raison (Lettre de lecteur, Tribune du 28 janvier). Le site du Champ du Château est unique. D'une part, il jouit d'une valeur économique certaine grâce à sa proximité des voies de communication (chemin de fer, autoroute, aéroport…). D'autre part il s'insère dans un paysage d'une beauté exceptionnelle. Ce que l'on y fait est visible loin à la ronde - non seulement dans le voisinage, ni de la rive gauche en face mais encore des hublots des avions qui empruntent l'aéroport. Le projet présenté au public belleviste il y a quelques semaines est d'une banalité affligeante, et ce n'est pas en le remplaçant par un projet tout aussi affligeant mais plus petit que l'on rendra justice aux qualités extraordinaires du site.

"Pourquoi pas une architecture audacieuse, digne de notre XXIe siècle ?" demande M. Bouvier. En effet, le défi est d'envergure européenne, il appelle une réponse à sa mesure. Il est digne d'un concours international d'architecture propre à inspirer les plus grands talents à tirer le meilleur parti de ce site splendide et en faire un joyau de la couronne genevoise.

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19/01/2016

La constitution fédérale définit-elle le mariage ?

Je mets Christophe Darbellay au défi de citer l'article de la Constitution fédérale qui définit le mariage comme 'union d'un homme et d'une femme (ou inversement), comme il le prétend dans la Tribune du 19 janvier.

D'ailleurs je m'étonne que l'initiative du PDC n'ait pas été déclaré irrecevable pour manque d'unité de matière.

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25/11/2015

José Poncini, un visionnaire suisse qui amorça le développement industriel de Maurice

José Poncini, consul de Suisse à Maurice, y est décédé lundi le 23 novembre à l'âge de 87 ans. Il a joué un rôle unique dans la transformation de l'économie mauricienne d'une île sucrière à bout de souffle en une économie diversifiée et dynamique.

Né à Maurice de père suisse et de mère mauricienne, il fit des études d'économie à l'université de Lausanne, où il tomba sous l'influence de Maurice Bourquin, professeur qui avait pour dada la décentralisation, le déplacement d'activités économiques en dehors des centres établis. Le père de José était commerçant à Port Louis, la capitale de Maurice ; il importait tout ce qui était suisse - produits pharmaceutiques, engrais, bijouterie, montres… L'entretien des montres, mécaniques à l'époque, constituait un élément exigeant du service après-vente de l'entreprise. Il expédia donc son fils, une fois sa licence en économie dans la poche, accomplir un apprentissage d'horloger. 

Rentré au bercail dans les années 1950, il retrouva un pays où sévissait un chômage catastrophique. Soucieux d'y remédier dans la mesure des moyens qu'offraient l'entreprise familiale et fort de sa double formation, il démonta mentalement une montre pièce par pièce et opération par opération afin d'en identifier celle qui se prêtait le mieux à une décentralisation vers l'île Maurice. Il fallait vingt opérations pour fabriquer une pierre de montre (le pivot ou vient se fixer des axes qui tournent). L'opération qui exigeait le plus de main-d'œuvre de toute la fabrication d'une montre était le percement du trou au milieu de la pierre. Poncini était convaincu qu'il était rentable d'envoyer des rubis à Maurice et retour pour cette seule opération. Restait à convaincre d'une part l'industrie horlogère suisse et d'autre part les autorités mauriciennes. Cela lui prit une dizaine d'années, mais en 1965 l'entreprise Micro Jewels Ltd ouvrit ses portes. La zone industrielle d'exportation de Maurice était née. L'essor industriel du pays se fonda donc sur l'exportation … de trous !

Chez José Poncini, quelle combinaison invraisemblable d'heureux hasards, de talents et d'occasions saisies ; Jean-Claude de l'Estrac, qui fut par la suite Ministre de l'Industrie et de la Technologie industrielle, le résume : "Il était un entrepreneur et un poète."

 

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24/11/2015

Faut pas croire que personne n'écoute les émissions religieuses

Au moment où les conflits religieux répandent le sang partout dans le monde on veut faire taire le débat d'idées pour ne laisser parler que les armes. Bouchons-nous les oreilles ! 

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18/07/2015

La Grèce et l'Allemagne : le choix des souvenirs

On rappelle souvent qu'à l'issue de la deuxième guerre mondiale l'Allemagne bénéficia d'un allègement conséquent de sa dette, indulgence qui contraste avec son intransigeance actuelle face à la Grèce. À ce propos je vous recommande le blog du 9 juillet de François-Marie Monnet, "C'est l'histoire d'un mec", sur http://notabene.blog.lemonde.fr/ 

On ne rappelle pas assez qu'au-delà de la finance, la Grèce a déjà expérimenté la rigueur allemande. Dans les années 1940 l'occupation allemande provoqua une famine qui, exacerbée par un blocus naval britannique,  fit 40'000 victimes civiles à Athènes sans compter le reste du pays (selon l'article "Axis occupation of Greece" de Wikipedia ; d'autres sources contestent ce chiffre exact).

C'est pour soulager cette famine que l'organisation Oxfam, à l'origine "l'Oxford Committee for Famine Relief" fut fondée en 1942 par des universitaires, des quakers et d'autres habitants de la ville anglaise d'Oxford. 

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06/06/2015

HSBC : du racket, mais encore…

Le procureur général renonce à enquêter contre HSBC en échange d'un paiement de 40 millions de francs. En bon français, cela s'appelle du racket. Ainsi, en Suisse comme ailleurs la justice s'achète : ceux qui ont les moyens peuvent se payer une place au-dessus des lois. HSBC s'est acheté la tranquillité.

Le procureur général entérine l'inégalité de traitement : au téléjournal il a dit que cette pratique ne s'étendrait pas à d'autres banques vulnérables. HSBC s'est donc acheté un privilège au détriment de ses concurrents. 

 

Tout cela pour 40 millions. Par rapport aux avantages et pour reprendre le mot mémorable d'un précédent banquier, c'est des peanuts.

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04/05/2015

Bravo aux "stagiaires esclaves" !

Lorsque je travaillais aux Nations Unies, j'eus le privilège d'être responsable de quelques stagiaires. J'admire leur motivation et leur engagement ainsi que leur niveau de formation, et je reste mal à l'aise par rapport à leurs conditions de travail. 

J'applaudis leur décision de participer au défilé du 1er mai, selon l'article dans la version électronique de la Tribune du 4 mai. Elle confirme leur créativité et leur esprit d'initiative. Espérons qu'elle émeuve les services du personnel des organisations internationales.

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