20/09/2011

Cultiver les friches de la démocratie

Nous sommes presque toutes et tous des actionnaires par le biais de notre caisse de retraite. Les entreprises insistent que leurs actionnaires sont leurs propriétaires. Les actionnaires agissent formellement par le biais des élections et votes lors des assemblées des générales. Bref, le public a le droit de se manifester sur les nombreuses activités des entreprises qui les concernent. Paient-elles leur part équitable d'impôts ? Paient-elles correctement leurs employé-e-s en Suisse et à l'étranger, ou sous-paient-elles certains et surtout certaines tout en surpayant de façon éhontée quelques pontes ? Respectent-elles tout simplement le droit du travail ou le droit tout court, voire les droits humains et les normes sociales internationales ? Respectent-elles l'environnement ? Plus ou moins la moitié des SA suisses cotées en bourse subventionnent des partis politiques. Leurs préférences politiques correspondent-elles à celles de leurs propriétaires - autrement dit de vous les actionnaires ?

Or les investisseurs institutionnels - dont les caisses de retraite - ne prennent  souvent pas la peine de voter leurs - vos - actions, laissant les entreprises agir à leur guise envers vos intérêts. Les chambres fédérales renoncent à exiger que les institutions de prévoyance exercent leurs droits de vote, prétextant notamment que c'est du boulot ! La Suisse est fière de ses droits démocratiques étendus, et pourtant elle accepte de laisser en friche tout un domaine d'action démocratique qui touche directement aux intérêts sociaux et environnementaux, et évidemment financiers, du pays et de ses habitants. Agissez ! Insistez que votre institution de prévoyance fasse usage de son vote, et mieux encore qu'elle consulte ses cotisant-e-s à propos des positions qu'elle entend prendre lors des votes, ou au moins qu'elle informe ses cotisants après coup comment elle a voté.

 

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14/09/2011

un impôt injuste

Que les radio et TV de service public se paient au moyen de l'impôt, rien de plus logique, d'autant plus que l'on peut y accéder par une telle diversité de moyens électroniques d'accès libre. En revanche, que le montant de l'impôt soit le même pour chaque contribuable, quels que soient ses moyens, est d'une injustice crasse. Il est injustifiable d'exiger qu'un ménage qui gagne péniblement quelques dizaines de milliers de francs par année paie le même montant que celui qui engrange des millions. L'impôt direct et surtout progressif fut créé précisément pour mettre fin à ce genre d'injustice. La Suisse dispose de l'instrument - c'est la moindre des choses dans une démocratie. Il suffit donc d'incorporer le montant de cette charge dans celui de l'impôt fédéral direct.

Or notre parlement fait un deuxième saut arrière dans l'Ancien Régime en confiant la collecte de cet impôt à un fermier, c'est à dire à une entreprise privée (Billag SA) qui pour ses propres intérêts lucratifs se charge d'encaisser l'impôt et en prélever sa propre part avant d'en verser le solde à l'État.

C'est encore loin, 1789 ?

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