03/10/2011

Revoir la révision des comptes

L'UE réfléchirait à un meilleur contrôle du métier de réviseur de comptes. Selon une fuite rapportée dans l'hebdomadaire britannique The Economist cette semaine, le commissaire Michel Barnier envisage deux réformes particulièrement souhaitables.

D'une part, il propose d'obliger les entreprises à changer régulièrement de réviseur. Cela mettrait fin aux habitudes confortables, aux petits arrangements et aux copinages qui entament actuellement la confiance que les parties-prenantes - actionnaires et syndicats, par exemple - accordent aux comptes des entreprises. C'est normalement lors d'un changement de comptable, voire de réviseur, que les données douteuses se découvrent. C'est pour cette raison que le comptable qui a quelque chose à se reprocher est souvent modèle d'assiduité au travail, ne prenant pas de vacances et évitant de tomber malade.L'association suisse d'actionnaires "éthiques" Actares (www.actares.ch) défend déjà cette position en votant systématiquement lors des assemblées générales d'actionnaires contre la réélection illimitée des réviseurs.

D'autre part, il propose de séparer la révision proprement dite et les activités de consultation. Ces dernières servent entre autres à inventer les pratiques créatives que les réviseurs auront à contrôler par la suite. Mieux vaut donc pour la crédibilité des contrôles que les deux activités revinssent à des entreprises distinctes. Par ailleurs, le "consulting" étant plus rentable que la révision, les consultants ne vont pas chercher à mécontenter leurs clients lors des révisions. The Economist souligne que cette proposition aménerait la séparation en deux entreprises distinctes d'activités "excitantes et en croissance" - l'image virile est de l'hebdomaire ! - des autres qui sont terre à terre mais vitales pour le bon fonctionnement de l'économie.

Cela rappelle la séparation proposée entre la banque de détail et la banque d'affaires que défend également l'association de petits épargnants Actares : là aussi l'objectif est de protéger, contre les risques énormes de la haute voltige des banques d'affaires, les usagers des services quotidiens de paiement et de garde que fournissent les banques de détail et du même coup, comme nous l'avons bien assez vu, protéger les contribuables. D'ailleurs, la séparation nette entre les entreprises qui fournissent l'assurance santé de base et la complémentaire ressort d'une logique analogue. Si c'est une nouvelle mode qui se dessine, tant mieux pour nous.

 

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Commentaires

Merci de cet article fort intéressant, Edouard Dommen.
Je l'ai partagé et en ai indiqué les références car il vaut d'être lu et apprécié.

Bien à vous,

Hélène Richard-Favre

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 03/10/2011

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