21/11/2011

Votez pour que jouer reste un jeu

Jouer aux jeux de hasard pour le plaisir du frisson n'est pas bien méchant, mais jouer par appât du gain peut s'avérer dévastateur. D'abord pour le joueur et son entourage dont les finances sont mis à mal, et ensuite pour la société tout entière en ce que la cupidité est un fléau pour son bon fonctionnement. Une bonne manière de cantonner le jeu au frisson est de s'assurer que la part des mises redistribuée en prix soit assez faible pour que tout joueur se rende facilement compte qu'il est sûr de perdre de l'argent sur le long terme. Autrement dit, il sait qu'il s'achète son frisson à prix d'argent. Le droit des pauvres élargit la marge entre mises et prix. Il contribue ainsi à rendre le jeu plus inoffensif.

D'autre part, le droit des pauvres est exclusivement consacré … aux pauvres. Par les temps qui courent, où les autorités politiques rognent à tout-va sur les dépenses sociales, c'est au moins ce petit bout qui reste assuré de la sorte.

Jouez donc pour le plaisir : mettez un 'X' dans la case 'Non' pour l'objet no. 2 de la votation en cours.

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15/11/2011

Le marché n'est pas toute l'économie

La Tribune présente dans son no. d'hier un tableau qui prétend montrer le taux de recyclage des déchets par commune. Genthod et Bellevue y figurent aux dernières places. Or, renseignements pris à Bellevue auprès des élu-e-s du mouvement politique Bellevue d'Avenir, il s'avère que le tableau mesure non pas la part des déchets recyclés, mais la part de déchets triés que transportent des entreprises privées spécialisées.

Tant Bellevue que Genthod sont à deux tours de roue de l'ESREC, centre de récupération de déchets de la rive droite. Les habitants de ces communes ont pour habitude d'y porter directement leurs déchets triés. Bref, le tableau reflète l'activité d'entreprises à but lucratif et font fi de la contribution au bien commun des habitants qui paient de leur personne en sus de payer leurs impôts. Passer sous silence leur contribution citoyenne, voire les faire passer pour de mauvais citoyens, c'est au sens propre se moquer des gens.

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14/11/2011

Comment soigner les entorses (au marché)

Que Novartis souhaite fermer son site de Nyon et délocaliser ses activités à l'étranger pour augmenter ses bénéfices, tout cela entre parfaitement dans la logique du marché. Cependant, les entreprises pharmaceutiques suisses augmentent leurs revenus en vendant leurs produits en Suisse au-dessus du prix du marché grâce à une protection officielle contre la concurrence des importations. Cela est parfaitement contraire à la logique du marché.

Si les fruits de cette protection servaient à soutenir la recherche et la production en Suisse, l'entorse pourrait à la rigueur se défendre sans se soigner à la pommade (Voltaren). Or Novartis nous révèle que la protection ne sert qu'à alimenter ses bénéfices déjà considérables et à conforter dans la foulée la rémunération de son président (qui, rappellons-le en passant) dépasse à elle seule la rémunération de l'ensemble des licencié-e-s de Nyon).

Soyons cohérents, défendons le marché. Que les autorités politiques ouvrent sans délai le marché des médicaments aux importations parallèles.

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04/11/2011

L'utilitarisme à l'œuvre

Les médias nous informent que les nouveaux portiques de sécurité que les États-Unis installent dans leurs aéroports et qui fonctionnent aux rayons x vont provoquer la mort d'une demi-douzaine de passagers par an. Mais c'est pour le plus grand bonheur des survivants bien plus nombreux. Ce n'est qu'une application banale du principe de l'utilitarisme si cher aux Étasuniens, inventé par l'Anglais Jeremy Bentham et mis en forme par notre compatriote Étienne Dumont (celui de 1759-1828, non pas celui de la Tribune) : le plus grand bonheur du plus grand nombre.

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03/11/2011

À propos de certains commentaires

Mon blog sur la dette grecque a suscité un nombre de commentaires qui me réjouit, quoique modeste par rapport à ce que suscitent d'autres bloggeurs.

Cependant quelques uns des commentateurs se sont lancé dans un débat passionné entre eux qui s'éloigne du thème du blog original. En les priant de m'excuser, et sachant qu'ils ont d'autres lieux pour poursuivre leurs échanges, je renonce à afficher ici la suite de leur débat sur ce thème précis. J'espère qu'ils ne m'en tiendront pas rigueur et que je retrouverai de nouveaux commentaires de leur part sur d'autres thèmes à l'avenir.

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02/11/2011

La crise grecque : se réveiller en riant

Quel plaisir d'écouter à la radio ce matin un politicien du PLR se fondre en confusion à propos de la votation grecque. D'une part il ne pouvait approuver une proposition qui contrarie les intérêts économiques que servent son parti, mais d'autre part il ne pouvait la désapprouver sans froisser l'UDC avec qui son parti souhaite bien s'entendre et qui est friande de consultations populaires. En fin de compte il s'est rabattu sur la vieille rengaine des radicaux selon laquelle l'idée est bonne mais que c'est le mauvais moment. Il dévoila quand même le fond de sa pensée en insistant que le bon moment était passé, d'où il s'ensuit qu'il ne faut pas consulter la population.

Il est pourtant évident qu'elle mérite d'être consultée sur un train de mesures qui impose tant de privations à tant de monde. D'ailleurs elle s'exprime déjà sur la question, dans la rue (voir mon blog d'hier). On rigole au désarroi que provoque cette proposition chez les chefs politiques des grandes puissances démocratiques d'Europe occidentale. Ils et - elle - révèlent ainsi qu'ils préfèrent se montrer puissants que démocrates.

Preuve s'il en fallait que cette mesure démocratique ébranle la dictature de la finance, les bourses se sont aussitôt montré plus modestes en chutant de quelques pourcents.

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01/11/2011

Il faut écouter la rue

La semaine passée l'hebdomadaire "The Economist" présentait un article sur la relation entre coupes budgétaires et désordres sociaux. Il fournit un lien à plusieurs articles académiques qui analysent la relation sur plusieurs années, en Inde, en Amérique latine et plus généralement de par le monde. La conclusion est sans équivoque : les coupes budgétaires et les coupes dans les prestations sociales en particulier provoquent des désordres, que le régime en place soit totalitaire ou démocratique. En revanche, les augmentations d'impôts n'en provoquent pas. Les gens bien ne descendent pas dans la rue. Or ces deux genres de mesure politique ne provoquent pas de bouleversement électoral particulier dans les régimes démocratiques. Il semblerait donc que les victimes des coupes budgétaires se manifestent moins dans les élections et votations. Ces activités conviennent mieux à celles et ceux qui manient aisément les mots et les stylos.

Il s'ensuit que la rue fait partie intégrante de la panoplie des instruments d'expression politique dont dispose la population. La restreindre cherche à exclure les moins intellectuel-le-s du processus politique et ainsi à fausser le jeu. Or, les études qui cite The Economist concluent en outre que les tentatives de répression policière ne sont efficaces qu'à court terme. Mieux vaut donc écouter la rue. Courage et constance aux indignés et autres occupants de Wall Street !

Les Genevois peuvent se réjouir que les recherches universitaires de différents pays découvrent enfin ce qu'eux avaient découvert lors de la fusillade de 1932 déjà. Il est salutaire de se le rappeler alors que des politiciens de la droite genevoise à la mémoire courte souhaitent de nouveau restreindre la liberté de manifester.

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