15/12/2011

Une lettre mauricienne

 

Maurice n'est pas la Perse de Montesquieu. Petit pays certes, planté au milieu de l'Océan indien, démocratie comme on en trouve peu dans le monde, il jouit d'une économie dynamique, imaginative et diversifiée dont la prospérité dépend actuellement du tourisme, du sucre, de la pêche et d'industries et de services qui servent les marchés locaux et d'exportation, outre un secteur financier d'importance internationale.

Chaque année le gouverneur de la banque centrale, la Bank of Mauritius, convie le gratin de l'économie à un banquet. Lors de son discours le 1er décembre de cette année, M. Bheenick tint des propos que l'on souhaiterait entendre de la bouche des gouverneurs de banques centrales de pays plus proches de nous, pas plus éloignés que, disons, Francfort ou Berne.

  • Je suis sûr que je ne suis pas seul ici ce soir à me poser des questions sur la financiarisation croissante de l'économie, dit M. Bheenick. Les « indignés » expriment le même souci. Les citoyens s'insurgent contre les Seigneurs de la finance que se paient de gras bonus sur le dos du secteur public qui l'a sauvé tandis que l'économie réelle plonge, entraînant licenciements, faillites et chômage.
  • Vous auriez cru qu'il serait dans l'intérêt de nos banques de réduire les frais qu'elles imposent à leurs clients, pour les aider plutôt à s'adapter aux conditions déprimées de leur marché et à leurs marges bénéficiaires réduites. Nous souhaitons que nos banques soient rentables, mais nous nous opposons aux profits qui dépassent les bornes.

Et d'aligner une série d'objectifs pour les banques :

  • Que leur rémunération corresponde mieux à l'éthique en se souciant davantage des actionnaires, des entreprises et des petits clients.
  • Qu'elles diversifient la composition de leur conseil d'administration afin que les bénéfices et les rendements mirobolants ne deviennent pas une obsession.
  • Réalisons une vision où le rendement financier n'est pas le seul but, où le rôle social et d'entreprise des banques soit ranimé.
  • Réalisons une vision où les intérêts des banques soient mieux alignés avec celles de la population en général.
  • Ensemble, embrassons une vision où l'affaire de la banque soit de servir une société prospère et juste.

Il faut éviter, insiste-t-il pour conclure, que le nom de 'banquier' se transforme en 'bankster' (rime avec gangster).

 

Le discours entier en anglais se trouve sur le site de la Bank of Mauritius - www.bom.mu - sous forme soit de texte soit de vidéo.

 

 

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Commentaires

Oui c'est une démocratie comme on en trouve peu dans le monde...déjà le terme démocratie est très drôle. Ile faisant partie du Commonwealth. C'est à dire une démocratie de façade. Je ne m'étalerai pas là-dessus afin d'éviter un hors sujet.

Ce qui m'intéresse véritablement c'est la diversification des conseils d'administration. Ce serait intéressant de voir une diversification dans les postes clés.

Quant à une société propère...je dirai simplement que les mêmes trinquent depuis bien longtemps que le pays subit une inflation intolérable. Pour idée en 1989 1 CHF = 10 roupies
1999 1 CHF = 17 roupies
2011 1 CHF = 30 roupies

En 1999, en l'espace de 8 mois le prix du bus à augmenter 3 fois...

Beaucoup de gens vivent sur des crédits qu'ils ne pourront jamais rembourser et l'immobilier devient de moins en moins abordable. Alors oui se serait bien de faire propèrer ce pays. En passant, se serait bien qu'il n'y ait plus de gens tué en prison.

Écrit par : plume noire | 15/12/2011

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