06/06/2015

HSBC : du racket, mais encore…

Le procureur général renonce à enquêter contre HSBC en échange d'un paiement de 40 millions de francs. En bon français, cela s'appelle du racket. Ainsi, en Suisse comme ailleurs la justice s'achète : ceux qui ont les moyens peuvent se payer une place au-dessus des lois. HSBC s'est acheté la tranquillité.

Le procureur général entérine l'inégalité de traitement : au téléjournal il a dit que cette pratique ne s'étendrait pas à d'autres banques vulnérables. HSBC s'est donc acheté un privilège au détriment de ses concurrents. 

 

Tout cela pour 40 millions. Par rapport aux avantages et pour reprendre le mot mémorable d'un précédent banquier, c'est des peanuts.

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04/05/2015

Bravo aux "stagiaires esclaves" !

Lorsque je travaillais aux Nations Unies, j'eus le privilège d'être responsable de quelques stagiaires. J'admire leur motivation et leur engagement ainsi que leur niveau de formation, et je reste mal à l'aise par rapport à leurs conditions de travail. 

J'applaudis leur décision de participer au défilé du 1er mai, selon l'article dans la version électronique de la Tribune du 4 mai. Elle confirme leur créativité et leur esprit d'initiative. Espérons qu'elle émeuve les services du personnel des organisations internationales.

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01/05/2015

À Berne on rêve toujours de l'Ancien Régime

L'impôt sur les médias sur lequel nous voterons le 14 juin nous ramène tout droit à l'Ancien Régime. 

D'abord, il réintroduit la formule fiscale de la capitation qui astreint chaque contribuable à payer le même montant quelle que soit sa situation. Cette formule était si injuste que même l'Ancien Régime l'avait déjà sérieusement corrigée avant que la Révolution ne la supprime entièrement.

Ensuite, la proposition réintroduit l'un des abus les plus décriés de l'Ancien Régime : l'impôt sera prélevé par une entreprise privée (la documentation fédérale dit bien 'privée') et donc à but lucratif. Dans une interview dans La Tribune du 1er mai, Doris Leuthard dit que "le coût ne devrait représenter que 4% à 5% des recettes totales." Lorsque j'étais fonctionnaire colonial (!), on disait qu'un fonctionnaire du service du recouvrement devait rapporter au moins 50 fois ce qu'il coûtait, soit moins de 2% des recettes : voilà une mesure du pactole offert à l'entreprise qui jouira du privilège. Or, si l'on fondait cet impôt dans l'impôt fédéral direct, les frais n'augmenteraient pas d'un sou. 

Au cas où la loi serait acceptée, évitons au moins un troisième travers de l'Ancien Régime : la responsabilité de la collecte ne doit pas revenir sans autre à un quelconque Billag de la même façon que les nobles d'antan héritaient leurs privilèges. Il faut au minimum exiger que cette charge lucrative soit confiée à l'entreprise qui aura fait la meilleure proposition lors d'un appel d'offres public, transparent et compétitif.

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26/04/2015

Non à l'impôt inique

Grâce au succès d'un référendum, le peuple votera le 14 juin sur "l'impôt des médias". Il ne s'agit en effet pas d'une redevance ou d'une taxe, mais bel et bien d'un impôt. Une taxe est un paiement obligatoire due en contrepartie d’une prestation, un impôt est un prélèvement obligatoire mais sans lien direct avec une prestation particulière. Cet impôt  est inique puisque tout le monde sera obligé de payer le même montant, quels que soient ses moyens ; un milliardaire payera le même montant qu'une serveuse de café. Au Royaume-Uni Mme Thatcher a provoqué des émeutes aboutissant à sa propre chute en proposant un impôt pareil en 1990 (son infâme "poll tax").

Avec l'évolution de l'électronique on peut certes maintenant capter les émissions par d'innombrables moyens, on n'a plus besoin de posséder d'appareil radio ou TV : l'assise de l'ancienne redevance est dépassée. Puisqu'il faut bien toujours payer ces services dont tout le monde peut profiter, il est normal de le faire par le truchement des impôts. Mais la Suisse dispose de l'impôt fédéral direct (IFD), bien rôdé et surtout progressif : les riches paient proportionnellement plus que les moins riches, ce qui n'est que justice. Il est équitable de payer les services radio/TV par ce biais. On peut même au besoin augmenter l'IFD en conséquence, d'autant plus que l'on supprime la charge de la redevance radio/TV antérieure.

La justice sociale nous appelle à voter NON.


J'avais posté un blog semblable au début de l'année, mais c'était trop tôt : c'est maintenant que la campagne est bel et bien lancée qu'il faut rappeler cette vérité élémentaire de la justice fiscale.

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12/04/2015

Un geste révolutionnaire

Pour la première fois depuis que Cuba a chassé la mafia étasunienne (dont la figure de proue sur place  était Meyer Lansky, surnommé "le comptable de la bande"), un président des États-Unis a accepté de serrer la main du président cubain.

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09/03/2015

Banque Nationale : la renaissance de la sagesse ?

La politique monétaire est un levier essentiel de la politique tout court. Ainsi, dans un passé pas si lointain le gouvernement gardait la haute main sur ses autorités monétaires. Ce n'est qu'avec l'essor du néolibéralisme et sa volonté d'émasculer le gouvernement que de nombreux pays prirent le parti de lâcher la bride à leur banque centrale. On ressortait l'argument cher aux autocrates de tout poil selon lequel il faut laisser aux experts les questions qui exigent des connaissances techniques. On laissa donc les banques centrales aux mains des financiers, faisant fi du dicton de Clemenceau, "La guerre est une chose trop grave pour la confier aux militaires." 

Si l'on commence à se rendre compte qu'on s'est fourvoyé, ce n'est pas trop tôt.

 

 

(À propos de la chronique de Marian Stepczynski de ce lundi 9)

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17/02/2015

Ah, la vérité scientifique !

Le téléjournal nous apprenait hier que l'Université de Zurich a mené une étude sur les cigarettes et la santé en proche collaboration avec le cigarettier Philip Morris. Ce matin la radio nous apprend que les autorités valaisannes ont confié à cette même université de Zurich une étude sur les risques sanitaires de la pollution au mercure liée à l'entreprise Lonza. On imagine d'avance les conclusions. 

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30/01/2015

Votez oui à l'initiative "taxe sur l'énergie"

L'initiative des verts libéraux, *remplacer la TVA par une taxe sur l'énergie" coule de source. Pour que l'économie de marché fonctionne correctement, tous les prix doivent correspondre aux coûts engendrés, car si les acheteurs ne les payent pas eux-mêmes, d'autres les payent à leur place.

Les prix de l'énergie ne couvrent pas leurs coûts.  Par exemple, le prix du carburant ne couvre de loin pas les coûts du réchauffement climatique et le prix de l'électricité nucléaire couvre encore moins les frais de gestion des déchets radioactifs, sans compter les coûts d'éventuels accidents catastrophiques. Une taxe écologique augmente le prix de l'énergie, ce qui encourage les consommateurs à en consommer moins. C'est déjà un grand pas dans la bonne direction.

Atout complémentaire, la proposition des verts-libéraux supprime la TVA. En bon français, une taxe est un paiement pour un service rendu tandis qu'un impôt est un prélèvement sans contrepartie directe qui sert à payer un ensemble de services fournis pour les autorités publiques. La taxe sur l'énergie est effectivement une taxe.

La TVA n'est qu'un impôt, et plutôt injuste au demeurant. La justice fiscale veut que les contribuables soient imposés selon leur capacité de payer. Le montant de la TVA sur une paire de chaussures est la même que ce soit un riche ou un pauvre qui l'achète, bien qu'un montant identique soit une charge plus lourde pour le pauvre que pour le riche.

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13/01/2015

Sus à un impôt médiéval

L'USAM a raison de contester la nouvelle redevance radio/TV

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19/11/2014

Les mendiants et leurs chameaux

Les mendiants chez nous manquent d'imagination. Selon le China Daily du 22 octobre, dans plusieurs villes de Chine des mendiants s'accompagnent de chameaux mal-nourris et mal en point. Les chameaux se tiennent même à genoux, une position qui leur est inconfortable à tenir. 

 

Il paraît que cela suscite une sympathie accrue de la part des passants, qui ouvrent d'autant plus leur porte-monnaie. Mas cela suscite en même temps la colère des défenseurs des animaux, qui existent en Chine comme ailleurs.

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10/11/2014

ECOPOP : lisez-le avant de voter

Avez-vous bien lu l'initiative Ecopop ? Elle dit à son para. 1.2 :

La part de l'accroissement de la population résidant de manière permanente en Suisse qui est attribuable au solde migratoire ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois ans"

On nous raconte sans arrêt que cela limiterait l'immigration en Suisse à 17'000 personnes par an. Cela correspond à 0,2 % de la population totale de la Suisse, non pas à 0,2% de l'accroissement de la population. D'ailleurs, la population de la Suisse hors solde migratoire a diminué de 14'000 personnes par année en moyenne sur les trois ans 2011-2013. Autrement dit, l'initiative exige la cessation de toute immigration.

 

On prétend qu'en allemand l'initiative dit autre chose, mais les romands sont appelés à voter sur le texte tel qu'il figure en français dans la brochure officielle distribuée par la confédération.

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05/11/2014

À Shanghai le marché combat les embouteillages

Que faire pour remédier aux embouteillages ? Shanghai a trouvé une parade dans l'économie de marché. Chaque mois, les autorités municipales fixent le nombre de nouvelles plaques d'immatriculation que peut supporter l'infrastructure routière, qui est par ailleurs en constante amélioration. Le nombre tourne autour de 8000 nouvelles plaques par mois, par rapport à un total d'environ 3 millions de véhicules sur les routes de cette ville de 24 millions d'habitants. Les plaques sont mises aux enchères sur internet. Le prix d'une plaque tourne autour de CHF 13000. Une fois acquise elle est valable indéfiniment. Son propriétaire peut la revendre librement.

On croirait cette solution idéale pour Genève, si profondément enracinée dans l'économie de marché. Bizarrement, lorsque je l'évoque autour de moi mes interlocuteurs même de la droite libérale s'avèrent réticents, arguant que la méthode est injuste parce qu'elle privilégie les riches. En effet, mais c'est là l'essence même de l'économie de marché tout entière.

Or, selon les autorités de Shanghai, le revenu provenant de la vente de plaques - qui frise le milliard de CHF par année ! - sert notamment à financer les transports publics, qui sont de très bonne qualité : l'offre s'étend des vélibs au train à lévitation magnétique.

Si on n'aime pas le marché libre, on peut se tourner vers la variante de Beijing. Comme à Shanghai, le nombre de plaques y est limité en fonction de la capacité de l'infrastructure (et de la pollution de l'air, qui est un fléau à Beijing), mais elles sont distribuées non par enchères mais par loterie. Les Chinois trouvent cependant que cette méthode est moins efficace et moins équitable que le marché.

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31/10/2014

L'oir stérilisé

L'initiative "Sauver l'or de la Suisse" va dans le sens contraire du but que visent les initiants. "Les réserves d'or de la Banque nationale suisse sont inaliénables", dit le premier alinéa de l'article constitutionnel qu'il propose. Or (excusez le jeu de mots), l'inaliénable n'a par définition aucune valeur marchande. Ainsi tout l'or acquis par la BNS perdrait instantanément l'entier de sa valeur.

Pire encore, il deviendrait un fardeau pesant comme un éléphant blanc, car il faudrait constamment s'en occuper, et notamment le protéger du vol, car les voleurs peuvent en tirer profit libres de toute contrainte constitutionnelle. Napoléon nous a déjà fait le coup.

Tant qu'à faire, on pourrait libéralement étaler cet or devenu inutile sur le plafond et les parois des salles d'apparat de la Confédération selon l'exemple français, mais cela n'exigerait au mieux qu'une infime partie du stock. 

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30/09/2014

Les langues nationales et les autres

Dans le débat sur l'enseignement des langues à l'école primaire les médias évoquent facilement "les langues étrangères". L'article 4 de la constitution fédérale, qui s'intitule "Langues nationales", dit "Les langues nationales sont l'allemand, le français, l'italien et le romanche." Il est donc faux de les traiter de langues étrangères.

15:48 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

03/09/2014

Service !

À propos du Saute-frontières du 3 septembre

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