Le blog d'Edouard Dommen - Page 3

  • L'oir stérilisé

    L'initiative "Sauver l'or de la Suisse" va dans le sens contraire du but que visent les initiants. "Les réserves d'or de la Banque nationale suisse sont inaliénables", dit le premier alinéa de l'article constitutionnel qu'il propose. Or (excusez le jeu de mots), l'inaliénable n'a par définition aucune valeur marchande. Ainsi tout l'or acquis par la BNS perdrait instantanément l'entier de sa valeur.

    Pire encore, il deviendrait un fardeau pesant comme un éléphant blanc, car il faudrait constamment s'en occuper, et notamment le protéger du vol, car les voleurs peuvent en tirer profit libres de toute contrainte constitutionnelle. Napoléon nous a déjà fait le coup.

    Tant qu'à faire, on pourrait libéralement étaler cet or devenu inutile sur le plafond et les parois des salles d'apparat de la Confédération selon l'exemple français, mais cela n'exigerait au mieux qu'une infime partie du stock. 

  • Les langues nationales et les autres

    Dans le débat sur l'enseignement des langues à l'école primaire les médias évoquent facilement "les langues étrangères". L'article 4 de la constitution fédérale, qui s'intitule "Langues nationales", dit "Les langues nationales sont l'allemand, le français, l'italien et le romanche." Il est donc faux de les traiter de langues étrangères.

  • Service !

    À propos du Saute-frontières du 3 septembre

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  • Qui connaît la Suisse ?

    Si l'État veut évaluer les connaissances de la Suisse des candidat-e-s à la naturalisation, il vaudrait mieux que ceux qui s'érigent en juges la connaissent eux-mêmes. La première question que cite la Tribune du 15 août est "Quel pasteur français viendra à Genève en 1536 et rendra Genève célèbre ?" Elle attend la réponse "Jean Calvin". Calvin n'était pas pasteur lorsqu'il arriva à Genève en 1536.

  • Les entreprises s'occupent des bénéfices, les contribuables leur font cadeau du travail

    Des allègements fiscaux de 1,8 milliards de francs que Genève à offerts à des entreprises ont permis de créer 5000 emplois, d'après la Tribune d'aujourd'hui. Cela fait 360'000,- pour chaque emploi, payés par les contribuables genevois. Cher n'est pas le mot, c'est carrément dispendieux !  

  • Les entreprises criminelles, un placement éthique ?

    On trouve sur le marché de nombreux fonds de placement éthiques. Ils se servent de critères d'exclusion pour composer leur portefeuille ; ils excluent ainsi certains secteurs - le tabac, l'alcool, le nucléaire, l'armement… Plusieurs fonds excluent les entreprises qui violent les droits humains ou qui s'attaquent à l'environnement. 

     

    Essayez cependant de trouver un fonds qui déclare exclure les entreprises criminelles. Évidemment, rétorquerez-vous : les entreprises criminelles ne se cotent pas en bourse. Que si ! «Nous avons dirigé une entreprise criminelle» dit le Credit Suisse, selon la traduction de la Tribune de Genève.

     

    L'une des racines historiques du mouvement pour des placements éthiques plonge dans l'Afrique du Sud de l'apartheid. Les entreprises qui respectaient la loi sud-africaine d'alors étaient précisément celles qu'il fallait en principe exclure du portefeuille. Le respect de la loi quelle qu'elle soit n'est pas une garantie de vertu. Pour soigner leur marché, les fonds éthiques ont néanmoins intérêt à ajouter la criminalité à leur liste de critères d'exclusion.

  • Vite ! à la Bastille

    Si l'on veut embastiller quelqu'un en Suisse, il suffit que les services secrets d'un État étranger refilent quelques renseignements aux autorités et la Confédération s'en charge. Ainsi deux habitants de Bâle se retrouvent condamnés grâce aux informations - secrètes, dont on n'en sait rien donc - fournies par un État anonyme qui nous veut du bien.

    Et on prétend que la Suisse est un État de droit. L'ASIN se tait ; elle qui refuse les juges étrangers semble n'avoir rien contre les indics étrangers.

    Les défenseurs des deux condamnés envisagent de porter l'affaire devant le Tribunal fédéral. C'est la moindre des choses, et au besoin devant la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg.

  • Les vrais Suisses

    Dans certaines régions de Suisse, les candidats à la naturalisation doivent réussir un examen sur leur connaissance du pays. On devrait faire subir le même examen à des Suisses. Tout étranger que ferait mieux que le moins bon des Suisses aurait droit à la naturalisation puisqu'il en sait plus qu'un Suisse. De même, tout Suisse qui fait moins bien que le plus fort des étrangers ne devrait-il pas craindre pour son passeport ? Car après tout, être suisse, cela ce mérite.

  • Et la grande criminalité ?

    Les deux candidats au poste de procureur général se sont surtout préoccupés dans leur campagne des "petites frappes", de la criminalité de rue. Il y aurait pourtant fort à faire à Genève à propos de la grande criminalité internationale.

  • Le capitalisme dévoile son jeu

    Les capitalistes font tout pour baisser les salaires, mais quand les prix baissent (la déflation), ils crient à la catastrophe. Donc le bien-être de l'économie ne les intéresse guère et celle des travailleurs encore moins. Ce qui compte, ce n'est que leurs marges à eux.

  • Des médicaments pour les malades

    Hier soir le téléjournal nous apprenait - oh scandale ! - que des médecins vendaient des médicaments. Un représentant des pharmaciens expliqua les intérêts de sa corporation. Selon la tradition de son parti, un représentant du PLR défendit la corporation. 

    Personne n'évoqua l'intérêt public. Les clients souhaitent avoir les médicaments qu'il leur faut quand il le faut et là ou il le faut, avec un minimum de chicanes, surtout lorsqu'ils ne sont pas en forme !

  • La FINMA et ses copains

    La crédibilité de la FINMA, déjà bien entamée, vient de prendre encore un coup. 

    À propos du LIBOR, elle conclut qu'UBS a gravement violé la législation suisse, par le biais notamment de services de la banque à Tokyo. Elle prend soin cependant de mettre hors de cause tout haut dirigeant de la banque d'alors. Mark Branson, qui dirigeait UBS Securities Japan à l'époque incriminée, et actuel chef de la division banques de la FINMA, n'a donc rien à voir avec l'affaire. Quelle chance. 

    Il s'était certes récusé pendant cette procédure, mais cela suffit-il pour convaincre le public de l'impartialité de l'agence ? D'ailleurs un banquier qui a côtoyé les coupables pendant deux ans sans rien remarquer, est-il crédible comme surveillant de la bonne conduite des banques ? 

  • L'armée parlait quelle langue en 1932 ?

    À la une de la Tribune d'aujourd'hui, Laurent Aubert parle de "l'éviction des Romands des postes de commandement…" de l'armée. On s'en souviendra lorsque le Conseil d'État, profitant de l'article 112.2 de notre nouvelle constitution genevoise, appellera l'armée pour maintenir l'ordre civil à Genève. Les Genevois auront à obéir à des ordres donnés en suisse-allemand.

  • Le conseiller fédéral veut des travailleurs mal formés

    M. Schneider-Ammann veut restreindre l'accès à la maturité.  Que le prolétariat reste ignorant ! comme ça il sera sans doute plus malléable. 

    Si les bacheliers peinent à trouver du travail, il serait plus utile de les former encore davantage plutôt que de les empêcher de se former. 

    De toutes façons, l'éducation libère ; rendre les gens aptes au travail n'est qu'un bénéfice accessoire. L'éducation forme avant tout des citoyen-ne-s éveillé-e-s.

    Comme disait l'autre, si vous croyez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance.

  • Les autorités s'interposent et s'imposent

    Des électeurs genevois ont eu l'outrecuidance de signer des référendums qui s'opposent aux intérêts immédiats de la banque et de la finance genevoise. Les autorités font de sorte que les signatures validées arrivent en retard à destination, ce qui fait échouer les référendums. 

    Méfiez-vous : la prochaine fois que les citoyens se montreront insoumis, les autorités risquent de suivre l'exemple de leurs prédécesseurs du18e siècle, proches comme aujourd'hui des banquiers et financiers, et de s'adresser à Berne pour que l'armée vienne restaurer l'ordre civil. Pour cela elles peuvent désormais s'appuyer sur l'article 112.2 de notre toute nouvelle constitution : " [Le Conseil d'État] peut solliciter l'appui de l'armée… à des fins civiles ".