La faillite, c’est bon pour la santé de l’économie

Bygones are forever bygones - le passé est passé pour de bon - disait l’économiste W. S. Jevons en 1871. La faillite est conçue pour qu’une entreprise écrasée par ses dettes puisse se retirer du jeu, une fois que les actifs qui lui restent aient été répartis parmi ses créanciers selon des règles établies. 

La faillite este une application de la règle éthique fondamentale du partage équitable des risques et des bénéfices - à condition bien sûr que le liquidateur ne ferme pas les yeux sur des avoirs que l’entreprise aurait préalablement mis  à l’abri hors du bilan.

La faillite prouve en revanche que l’entreprise a dépassé ses compétences. Il est donc étonnant qu’en Suisse son chef ait le droit de se lancer aussitôt comme chef  d’une nouvelle entreprise analogue. Ce serait mieux pour tout le monde qu’il se forme davantage sous la conduite d’autres plus compétents, par exemple comme cadre dans une entreprise solide.

Les faillites constituent un moyen de débarrasser le marché d’entreprises qui l’encombrent. D’ailleurs la phrase de Jevons continue we are always starting clear at each moment, judging the values of things with a view to future utility - nous recommençons constamment à neuf selon la valeur qu’auront les choses selon leur utilité à l’avenir. Pourquoi Swiss ne devrait-elle pas faire faillite si elle est incapable de renouveler son modèle d’affaires ? Le monde ne manque pas d’esprits capables de saisir les occasions nouvelles qui vont surgir. 

De même pour les voyagistes (voir la Tribune de Genève de lundi). Ce n’est pas en faisant porter le gros du fardeau aux seuls voyageurs frustrés que l’on répartit équitablement les risques et le bénéfices. Quoi qu’en dise Mme Markwalder, il est dans l’intérêt des consommateurs que des agences de voyages déclarent faillite. Et de nouvelles agences imaginatives surgiront pour tirer profit du nouveau monde du voyage qui se dessinera après la crise.

Lien permanent 1 commentaire

Commentaires

  • Votre réflexion est très pertinente. Merci!
    En plus des concepts mentionnés trop peu souvent, et encore moins développés dans notre société, vous donnez un bel exemple de la vue large à adopter pour considérer un problème - ici une faillite - dans son contexte global, à savoir autant ses causes que ses conséquences. De plus, il s'agit aussi de tenir compte de toutes les interactions entre différents paramètres inclus directement ou indirectement dans le bilan financier présenté.
    Effectivement, dans les éléments qui touchent de près ou de loin le processus amenant à la faillite, certains restés discrets jusqu'à présent émergent. Il est alors approprié de leur donner plus d'importance ou de se laisser guider par eux, dans de nouvelles dimensions créatives.

Les commentaires sont fermés.