Le Wakashio et d’autres naufrages mauriciens

Maurice ne manque pas de naufrages mémorables. À part le Wakashio et la frégate l’Utile évoqués dans mon précédent blog, rappelons surtout le St Géran, dont le naufrage constitue le climax du roman « Paul et Virginie ». Le véritable naufrage dont Bernardin de St Pierre s’inspira eut lieu en 1744 par temps de calme plat, donc aucun brisant ne signalait la présence du récif.

Le naufrage du Banda en 1615 est à l’origine de l’histoire hallucinante d’une montagne baladeuse. Le nom de la montagne Pieter Both qui domine le paysage mauricien commémore le premier gouverneur-général des Indes orientales néerlandaises. Pendant son voyage de retour aux Pays-Bas, son navire, le Banda, fit naufrage au cours d’un cyclone. Il mourut noyé. Les Hollandais donnèrent son nom au sommet qui dominait le lieu du naufrage – l’actuelle Montagne du Rempart.

À la fin du 17e siècle George Weldon, illustre inconnu qui fut vice-gouverneur britannique de Bombay, mourut au cours de son voyage de retour en Europe. II fut enterré à Maurice ; sa veuve lui érigea un monument funéraire si visible qu’il servit longtemps d’amer, ce qui explique le nom de la Baie du Tombeau. Une carte illustrant une belle édition de Paul et Virginie du vivant de Bernardin de Saint-Pierre indiquait que la dépouille de Virginie s’y était échouée, tout en pointant correctement le lieu du naufrage du St. Géran loin de là, de l’autre côté de l’île. 

Quoi qu’il en soit, la tradition erronée se répandit selon laquelle le tombeau était celui de Pieter Both et le nom du sommet fut transposé au sommet qui domine cette baie. Quand vous aurez terminé « Les naufragés de Tromelin », lisez mon « Poudre d’Or, réflexions sur les noms de lieu mauriciens ».

Mais terminons par un autre naufrage. Une nuit de novembre 2014 le Team Vestas Wind, concourant pour la Volvo Ocean Race, s’échoua à toute allure sur les hauts-fonds de Saint-Brandon (comme l’Utile, il était pressé !). L’équipage se réfugia penaud sur le récif, mouillé jusqu’aux genoux, avant d’être secouru par les gardes-côtes mauriciens.

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